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pike river Des Éoliennes Industrielles? Ni « vertes » ni à consonance « Communautaire »

EDEN MUIR, 2010/02/17. Même si ce projet a reçu une nouvelle image de marque comme « Projet Vert et Communautaire », il n’y a rien de « Vert » dans le projet de « ferme éolienne » proposé dans la région de Bedford, et cela n’a que bien peu à voir avec la notion de « Communautaire ».

Bien au contraire, c’est juste une question d’argent. C’est une entreprise industrielle massive, un « méga » projet de $ 60 millions qui transformera pour toujours le paysage, la ligne d’horizon et les racines des communautés des Cantons de l’Est, basés sur l’exploitation agricole : Bedford, Stanbridge Station, Rivière aux Brochets et leurs environs.

pike river C’est un lieu particulier, où la plaine de Montréal rejoint les premières collines des contreforts des Appalaches, où pendant deux siècles des fermiers travailleurs acharnés ont ramassé les pierres, construit un réseau de systèmes de drainage, labouré et fertilisé la terre pour engendrer une région agricole de premier ordre. C’est justement là que les promoteurs de la Ferme Éolienne (Corporation multinationale S.M. International ainsi qu’un petit groupe de fermiers locaux qui empocheront une rente substantielle) prévoient implanter leurs gratte-ciels massifs qui rivalisent en hauteur avec de nombreuses tours du Centre-ville de Montréal.

Dans ces champs si fertiles, ils déverseraient des centaines de camions remplis de pierre concassée pour construire un réseau d’innombrables routes d’accès assez larges pour supporter les longues remorques de livraison ainsi que les gigantesques grues de levage. Ils racleraient toute la couche arable, perturberaient le drainage et creuseraient des puits gigantesques qu’ils rempliraient de ciment armé pour servir de fondations permanente à ces tours éoliennes.

EXCAVATION Alors, si ces développeurs avaient la voie libre, les tours arriveraient sur d’immenses camions, seraient érigées par des grues géantes, puis boulonnées aux puits de fondation. Plus tard, les turbines commenceraient à tourner, créant leur frou-frou particulier, son phénoménal qui serait entendu par tous les résidents locaux, certains vivant à moins de 500 mètres de là.

C’est alors que, si les expériences bien documentées de centaines de champs d’éoliennes autour du monde pourraient servir de guide, les problèmes de santé surgiraient, incluant les insomnies, le stress, les vertiges et autres malaises qui semblent être reliés aux vagues de sons de basse fréquence générés par les turbines. Et, comme dans d’autres sites autour du monde, les résidents se trouveraient incapables de vendre leur maison, sauf à grand rabais, si elles sont à proximité des turbines.

Cependant, quelques revenus commenceraient à apparaître, si on dispose du vent nécessaire à l’altitude de ces aiguilles du ciel. Il y aurait un revenu de location de terrain pour la petite poignée de fermiers/promoteurs, ainsi qu’un « jeton » annuel de contribution pour les municipalités. La plus grande partie du reste des revenus disparaitrait de la région et le potentiel énergétique sporadique rejoindrait le réseau pour augmenter le surplus d’électricité que Québec exporte.

plan L’imprévisibilité du vent signifie que nous ne pouvons compter dessus lorsque nous en avons le plus besoin, par exemple, lorsque nous l’utilisons pour chauffer nos maisons au plus creux de l’hiver. En raison du fait que les turbines ne peuvent générer de la puissance que lorsque la vitesse du vent se situe entre certaines limites, ni trop lente, ni trop rapide, elles n’atteignent typiquement que moins de 30% d’efficacité. C’est pour cela que les éoliennes ne peuvent facilement remplacer d’autres sources énergétiques et il y a bien moins d’avantage « vert » que celui suggéré par les promoteurs de champs éoliens.

Plutôt que de couper les émissions à effet de serre, certains experts font remarquer que le contraire peut arriver : près de Calgary, par exemple, la production des champs d’éoliennes était si peu fiable, qu’ils durent construire une immense nouvelle usine de gaz naturel pour rendre le réseau électrique d’Alberta moins vulnérable aux coupures. Pas une seule centrale au charbon n’a été supprimée par l’installation d’un champ d’éoliennes. Au lieu de cela les champs d’éoliennes perpétuent le mythe qu’on peut multiplier indéfiniment la demande en énergie plutôt que de faire face à la dure réalité sur la nécessité de réduction et de conservation.

plan De plus, Québec est la place la plus riche en énergie au monde en termes d’hydro-électricité propre et fiable, alors pourquoi se précipiter à couvrir les champs fertiles du sud du Québec avec des turbines industrielles géantes? Est-ce juste une contrainte cynique des politiciens de Québec de sauter sur le « boom vert »? Pourrait-il y avoir un lien entre le fait que le site de Stanbridge Station chevauche une ligne électrique avec sa servitude qui se dirige directement vers les États-Unis? Si oui, les Cantons de l’Est devraient-ils devenir une zone industrielle juste pour permettre à New-York et Boston de disposer de l’air conditionné?

Si ce champ d’éoliennes proposé était construit, le reste de la communauté environnante ne se retrouverait avec rien d’autre que quelques emplois de maintenance, ainsi qu’une forêt de turbines en action visibles depuis n’importe quel endroit du comté. Si les agences gouvernementales et nous, les citoyens, permettons à ce projet de se réaliser, il y aura un dangereux précédent ouvrant la porte à une conversion des zones protégées vertes du Québec en zone industrielle de fermes éoliennes.

S’il n’est pas arrêté, ce projet pourrait frayer le passage à d’autres propositions similaires pour des sites dans les communautés agricoles du sud du Québec. Des mégaprojets industriels pourraient avoir leur place ailleurs au Québec, mais certainement pas dans des zones privilégiées agro-touristiques comme la nôtre (la passerelle de la Route des Vins) et pas non plus dans la région de nos villages et fermes historiques.

La soumission de la proposition d’Hydro-Québec et le processus de révision se dérouleront durant les prochains mois—nous devons tous être attentifs et présenter nos objections avec clarté, sinon nous pourrions nous réveiller et trouver que nous aurons permis à la région merveilleuse et historique des Cantons de l’Est de devenir une zone industrielle.

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