PROJET DE TRAITEMENT DES EAUX USÉES DE FRELIGHSBURG

LE MAIRE ET LE CONSEIL ONT- ILS  FAIT LEURS DEVOIRS?

 

Pour le profit des citoyens de Frelighsburg qui n’auraient pas assisté à la dernière réunion du Conseil, le 14 septembre dernier, il m’apparaît important de rapporter les faits suivants en ce qui a trait au projet de traitement des eaux usées.

 

1. Le Conseil n’a pas fait rapport de sa réunion avec le Ministères des Affaires Municipales qui a eu lieu le 26 août dernier au cours duquel il devait discuter, suite à une résolution du 3 août dernier :

 

 « 1. des problèmes reliés au choix du terrain, 2. de la possibilité d’adopter un système plus petit et moins cher et 3. de discuter de l’avis du Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs concernant les roseaux», le tout dans le but d’identifier des alternatives de solution.

 

2. Le Conseil semble avoir ignoré les faits nouveaux suivants rapportés il y a déjà quelques semaines dans le journal ForumFrelighsburg :

 

Rapport de la firme Génivar à la municipalité Notre-Dame de Stanbridge en date du 26 février 2006 concernant les approches au traitement des eaux usées dans lequel cette firme (la même qui a été embauchée par Frelighsburg) souligne :

 

«Que la technologie des étangs aérés demeurait la plus fiable et la plus facile d’exploitation; qu’elle requérait moins d’entretien, était plus stable et qu’elle générait moins de pollution que les systèmes par roseaux».

 

«…que des travaux de réhabilitation et de modifications importantes, dû à des problèmes d’odeurs et de colmatage des milieux filtrants, ont dû être apportés sur les marais filtrant (système par roseaux) qui possèdent un peu plus de dix ans de fonctionnement…que le procédé est plus instable et plus fragile demandant un suivi plus pointu…que Génivar ne recommande pas cette technologie…)»

 

N’est-il pas étrange que Génivar, 30 mois plus tard, selon les dires du Conseil, recommande cette technologie à Frelighsburg? N’est-il surtout pas étonnant, que le Conseil, suite à la prise de connaissance de ce rapport, n’ait pas pris la peine d’apporter des explications aux citoyens de Frelighsburg à propos de ces contradictions?

 

 

3. Le Conseil n’a pas été en mesure de nous fournir un sommaire des commentaires sur les plans et devis émis par le Ministère des Affaires Municipales à notre municipalité pour réduire les coûts et optimiser les installations.

 

À ce sujet, Madame Lucie Trudel écrivait dans ForumFrelighsburg, le

3 septembre dernier, «Je pense que le Conseil aurait dû recevoir et discuter ces commentaires qui proposent des avenues de réduction des coûts et d’optimisation du projet».

 

J’ai demandé copie de ce rapport mais ne l’ai toujours pas reçue.

 

 

4. Le Conseil n’a pas été en mesure d’expliquer de façon rigoureuse et étoffée pour quelles raisons un projet de nature comparable réalisé à Stanbridge East avait coûté 1 750 000$ alors que le coût de réalisation du projet de Frelighsburg devrait approcher les 7 000 000$, soit quatre fois celui de Stanbridge East. Montant exorbitant, on en conviendra, pour un village de la taille de Frelighsburg!

 

Les seules explications apportées renvoyaient à la topographie (soi-disant accidentée) de Frelighsburg ainsi qu’à la différence quant au nombre de foyers desservis à Freligsburg par rapport à Stanbridge East. À ce sujet, il importe de souligner que la très grande majorité des résidences qui seront desservies dans notre village se trouvent sur un terrain plat. Par ailleurs, étant donné que les populations globales des deux villages se comparent, nous doutons du fait que le nombre de foyers desservis à Frelighsburg soit quatre fois plus important.

 

5.  Le Conseil n’a pas pris la peine de recueillir des informations détaillées sur des projets similaires et plus particulièrement sur des projets où l’on aurait opté pour le pompage des eaux usées en amont (75 pieds dans le cas de Freligsburg) plutôt que par gravité en aval.

 

Si de tels projets existent, il y aurait sans doute eu des leçons utiles à tirer d’une telle recherche. Il importe également de mentionner que  le rapport préparé par la firme Génivar à l’intention de la ville de Notre-Dame de Stanbridge fait référence à un rapport rédigé par le Service du suivi des infrastructures du Ministère des Affaires Municipales et des Régions dans lequel on rapporte que «du nombre de stations qui ont été évaluées au Québec, soit 615 stations, 71.2% étaient des étangs aérés(438 unités)…que la plus vieille et la plus récente station évaluée étaient des étangs aérés…que les étangs aérés demeurent la technologie la plus fiable.»

 

6. Le Conseil n’a surtout pas été en mesure d’expliquer pour quelle raison il avait restreint son choix de site à la zone blanche compte tenu des nombreux inconvénients que cette décision recèle.

 

 

Il nous apparaît inconcevable qu’une étude sérieuse n’ait pas été entreprise afin d’identifier en zone verte des sites qui auraient favorisé la réalisation d’un projet moins coûteux, plus écologique et surtout plus durable. Nous sommes convaincus, pour les raisons précédentes que la Commission des terres agricoles aurait été attentive et réceptive à une demande de dérogation aussi bien étayée.

 

Nous constatons enfin avec beaucoup de tristesse le peu d’écoute et d’empathie démontré par le Maire et la majorité des Conseillers par rapport aux préoccupations des citoyens de Frelighsburg. Nous notons également l’absence d’efforts déployés par ces derniers pour trouver et fournir des réponses aux questions posées, peu importe que celles-ci soient posées aux assemblées du Conseil ou via FrelighsburgForum. Nous regrettons également le manque d’ouverture aux suggestions apportées par les citoyens qui pourraient améliorer le projet, voire cet entêtement à ne pas déroger du projet original.

 

Décidément, il m’apparaît que

 

LE MAIRE ET LE CONSEIL DE FRELIGSBURG N’ONT PAS FAIT LEURS DEVOIRS

 

Pierre Teasdale, architecte

Professeur titulaire à la retraite,

Faculté de l’aménagement, Université de Montréal

 

16 septembre 2009